Baronnie Châteauneuf-sur-Cher

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 Tranche de vie Berichonne (RP)

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asterie
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MessageSujet: Tranche de vie Berichonne (RP)   Jeu 12 Mar - 15:30

Tranche de vie Berichonne (RP) Retranscription RP mars 1456(03/2009)

Sur la gargote de Gasconne et de Guyenne, cela avait un certain succès. Pourquoi pas ici?
Tous ceux qui étaient las de la politique et se sentaient l'âme joueuse, en manquant de temps pour participer à un RP long ont approuvé l'idée. Certains se sont même lancé dans les RP et ont été très doués alors qu'ils hésitaient.

Les règles :

Aucun rapport avec le contexte actuel.

Je rappelle que là c'est LJD Ealaena qui vous défie, pas le personnage.

- Pour chaque thème, chaque défi, Vous créerez des PNJ signés pour jouer des rôles divers et variés, qui seront totalement INDEPENDANTS de votre personnage IG. Aucun rapport, j'insiste.

Exemple : le joueur d'un personnage principal archevêque pourra être défié à jouer une vieille prostituée ou un brigand.

- Important : Le joueur a le droit de dire je suis cap, et se lancer dans le RP "orphelin" ou alors pas cap pour cette fois ci, et même "Je ne souhaiterai jamais être appelé, LJD Ealaena oublies-moi s'il te plaît".

- Ce que j'appelle un RP orphelin : Techniquement le RP commence et finit dans un post et un seul.
Pas d'interactions avec les autres joueurs. On joue un personnage pour relever le défi, on poste, hop voilà c'est fait. On passe à autre chose, un autre défi, un autre personnage.

- Demain ici même, j'appellerai quelques joueurs et leur lancerai des défis, ils diront s'ils sont cap ou pas cap.

Si Cap : Ils auront 48h pour le relever et poster dans le topic [RP] tranches de vie berrichonne.

Les thèmes seront divers et variés : ce sera des animaux, des objets, des métiers, des personnages, des situations...

Défi accompli

Zoyah => la porte d'une taverne
Astérie => un prisonnier
Ysabeau => une mère maquerelle
Ali => Une girouette
Fenryr => L'horloge de Chato
Terry => La chausse droite de George.
Masacio => Un tavernier peu scrupuleux.
Eliora => La cloche d'une église.
Zoyah => la culotte de Masacio
Degaulle => Une jeune fille la veille de ses noces
Ayla => Un apothicaire tête en l'air
Johanara=>Une tapisserie.
Tadek =>Un corset.
Thomas => Un soldat déserteur
Sov => Le confessionnal d'une église
Zaïbaker => La grande place Ducale
Renlie => Un juge malhonnête
Ysandre => L’épée d’un brigand repenti

Cap ou pas cap ?

Jimmycasas => un pigeon
Masacio => Une mouche

Alors, cap ou pas cap ?

Cap !

Hugo => Un moine alcoolique
Eal => La cornette d’une bonne sœur
Gilou => un joueur de ramponneau ruiné
George => Une chope de bug
Jelubir => une mère de famille très bigote
Escalibur => Un gardien de geôle.

On attend leur RP....

Pas cap
/
Notre temps est trop précieux pour participer à vos niaiseries
[u]


Dernière édition par asterie le Mer 22 Juil - 13:31, édité 1 fois
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asterie
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MessageSujet: Re: Tranche de vie Berichonne (RP)   Jeu 12 Mar - 15:39

C'est ici que vous posterez vos défis. N'oubliez pas d'utiliser des noms de PNJ courts afin d'éviter de déformer la page de la gargote. Bon défis et au plaisir de lire vos oeuvres.

Il était posé bien en évidence.
Son temps n'était pas compté.
Il n'attendait plus qu'à être couvert d'écriture plus ou moins déliée.
Qu'importe d'ailleurs les ratures ou les tâches d'encre, après tout il était là pour faire son office.
Simple recueil posé sur une table où les gens se pencheront pour le remplir ou pour tout simplement le lire.
Bientôt, ses pages se noirciront pour son plus grand bonheur et quand il sera noir de prose, on le refermera pour qu'un autre le remplace.
Douce vie bien agréable qu'était la sienne.
Sa seule terreur ne résidait qu'en feu ou en eau, détruisant le labeur de ceux qui font de lui ce qu'il est...
Un simple livre aux pages blanches qui n'attend que de l'être moins.

Citation :
Le prisonnier par Asterie


Cela faisait combien de temps qu’il était là...il ne s’avait plus il comptait les jours en mettant de petits traits au mur.
L’homme était assis sur une espèce de paillasse avec un peu de paille, une odeur de puanteur embaumait la pièce ...

Depuis combien de temps ne lui avait ‘on pas changer sa paille …. Quatre cinq jours il ne s’avait plus. L’odeur, cette odeur...et surtout la vermine qui grouillait sur lui dans ses cheveux et sa barbe...

Il y en avait des centaines. On l’avait surement oublié la vermine lui couvrait le corps cela le grattait tant et plus.
Bientôt tout cela sera terminer on allait l’emmener, il ne sait pas où le geôlier lui avait dit demain tu pars.

Et pour où ?

Tu pars je ne sais pas numéro 6.

Je ne suis pas …à quoi bon cela faisait tellement longtemps qu’il le disait .

Je ne suis pas un numéro je suis, je suis...se souvenait ‘il de qui il était cela faisait tellement longtemps…
Il entendit un petit bruit, tendit l'oreille...Cui,cui

Il sourit c’était l’oiseau qui venait lui rendre visite lui apporter un petit coin de ciel bleu. Il restait là sur le rebord de la fenêtre bougeait de temps en temps la tête comme pour acquiescer ce que lui disait le prisonnier.

Je vais partir demain petit oiseau je ne te reverrais plus merci pour ta présence.
Tu es le seul à être venu me voir chaque jour et à m’écouter ….
J’aimerais te chanter une chanson va voir ma mère et chante lui cette chanson.

L’oiseau s’approcha de la fenêtre comme si il avait compris ce qu’avais voulu dire le prisonnier.


http://www.youtube.com/watch?v=iQiJ9Zkjkrw

Le lendemain matin à l’aube on vient chercher le prisonnier la tête baisser entraver dans ses chaine la tête basse il marche auprès de ses geôliers dans la cour de la prison il releva la tête et aperçu l’oiseau il s’arrêta et sourit celui-ci s’approcha du prisonnier resta un cours instant en suspends.
Les geôliers regardèrent la scène.
Puis l’oiseau repartit …On ne les revit jamais ni lui ni l’oiseau qui peut être était trop occupé à chercher la mère du prisonnier…

Citation :
La girouette par Aliénor de flore


Il faisait encore nuit, et en attendant que le jour se lève, la girouette se demandait dans quelle direction le vent allait souffler aujourd’hui.

Quand il venait de l’Ouest, elle avait vue sur la maison voisine de la sienne, sur la chambre à l’étage, où un demoiselle recevait régulièrement des galants Elle ne s’ennuyait pas la girouette quand le vent venait de ce côté-là ! La jeune demoiselle non plus d’ailleurs

Quand le vent venait de l’Est, elle avait vu sur la cour de la maison voisine. Et là toute la journée elle voyait le petit garçon travailler à la ferme. Il portait des seaux, il portait du foin, il nourrissait des bêtes, … et quand cela n’allait pas assez vite au goût du maître de maison, il recevait des coups. Dans ces moment là, la girouette souhaitait que le vent souffle fort, si fort, à l’en décrocher ! Elle pourrait ainsi aller frapper à son tour l’homme !

Quand le vent venait du nord, elle avait vu sur le marché ! Que de monde, que d’animation ! Les marchands, les ménagères, les voleurs, … tout ce petit monde cohabitait dans un joyeux tohu-bohu ! Et la girouette, rigolait bien en voyant les poursuites entre les voleurs et la maréchaussée, entre les mères et leurs bambins, entre les marchands et les chats, …

Quand le vent venait du Sud, elle avait vue sur la forêt. La, c’était plutôt calme : de temps en temps un bûcheron, un chasseur ou cueilleur de champignons passaient, mais elle ne les voyait bien longtemps, car ils disparaissaient très vite derrière les arbres. En principe, la girouette en profitait pour somnoler, pour rêver, …

Elle imaginait tout ce qu’elle pourrait faire si elle arrivait à se décrocher du toit.
Déjà sa première action serait un coup à tête du fermier d’à côté ! Ensuite, un p’tit tour chez la jolie voisine … perchée sur la fenêtre elle aurait encore une meilleur vue que du haut de son toit !
Puis un p’tit tout au dessus du village, pour aller visiter tous les recoins du village qu’elle ne connaissait pas encore, voir même tout le duché ! Non, ça paraissait inimaginable ça ! Elle qui ne voyait que ce qui se passait autour de la maison où elle était perchée, rien de plus …

Ah ! Ca y est ! Le soleil se lève et elle vue sur … la voisine
Belle journée en perspective, voilà déjà un galant qui arrive !

Mais non qu’est ce que c’est que ça ?
Norf ! Un coup de vent trop fort, et un sac à patate, échappé du marché sans doute, vient de rendre aveugle notre girouette !
Et bien … il n’y qu’à attendre le chat flemmard de la ferme vienne se dorer à ses côtés. Il aime bien la câliner la girouette. Avec un peu chance il ôtera par la même occasion ce sac qui lui gâche la journée.

Citation :

Dame Claude Par Ysabeau


La lanterne rouge, au fronton de la haute maison était toujours allumée. Les serviteurs s'empressaient de remplacer régulièrement les bougies, afin que nul n'ignore que, dans la capitale du Berry, existait une maison un peu particulière, une maison tenue par Dame_Claude, et où messires et jouvençeaux pouvaient à loisir trouver des belles peu farouches pour... enfin, vous voyez ce que je veux dire.

Un de ces jeunes gens chantonnait, accompagné d'une guitare...

Les jeunes femmes, accortes et court vêtues, s'empressaient, qui apportant bouteilles de poire, de valounet, de frisonette, d'iceberg, et autres douceurs berrichonnes, qui dansant, qui caressant aimablement un ou deux clients.

Derrière son comptoir, Dame_Claude surveillait tout ce petit monde, l'oeil acéré, attentive, empochait les écus, faisait tinter la cloche... Elle écoutait les désirs de ses clients, leur trouvait une belle propre à les satisfaire...

En haut de l'escalier, se trouvaient des chambres, luxueusement décorées, remplies d'accessoires de toutes sortes...

Bref, la vie était douce chez Dame_Claude, bien d'illustres berrichons, que nous ne nommerons point ici par discrétion, aimaient à s'y rendre pour un peu de bon temps, pour oublier les devoirs de leurs charges, leurs acâriatres ou trop froides épouses, leurs enfants braillards...

Mais hélas... hélas... un jour, un jour funeste... On frappa à la porte
Un homme d'église était là...
Cette maison est le repaire du sans-nom ! Une invite à la débauche ! un lieu de perdition ! Haro ! au bûcher !

Dame_Claude essaya bien de plaider sa cause, d'expliquer qu'au contraire, une telle maison permettait de protéger les filles, permettait aux hommes de s'évader un temps, pour retourner ensuite à leurs devoirs...Bref qu'elle était quasiment d'utilité publique...
Rien à faire.

Deux jours après, les larmes aux yeux, il lui fallut fermer boutique. Elle et ses filles, tristes, dirent adieu à leurs clients. Elles ne tenaient point à rôtir sur un bûcher.
Mais Dame_Claude avait de la ressource. Elle avait été instruite, elle savait lire... Et justement, la veille, la dernière livraison du Canard au Sancerre lui avait attiré l'oeil. Il fallait bien chercher, mais dans les potins... elle avait lu...
Citation:
Le charme au service de tous

Oui, oui…un établissement propice aux rencontres serait sur le point d’ouvrir… Le casting aurait bientôt lieu, à suivre…

Hé hé, se dit-elle... Voilà qui arrangerait bien nos affaires ! Elle rassembla donc son troupeau, lut aux filles l'information, et leur dit :

Bourges ne veut plus de nous ? Hé bien, en route pour Sancerre mes filles !

Et, sans plus attendre, elles empilèrent leurs affaires, leurs accessoires, leurs instruments de musique, leurs draps, leurs coussins et autres fariboles dans une carriole, attelèrent d'un âne, puis grimpèrent dans un coche, et l'étrange et joyeuse procession s'en fut sur les routes, en direction du paradis promis, Sancerre !
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MessageSujet: Re: Tranche de vie Berichonne (RP)   Jeu 12 Mar - 15:42

Citation :
L’horloge de chateauroux par fenryr

Chaque jour, la même rengaine, on l'observe, on l'utilise... Tic Tac Tic Tac... Elle ne compte plus le nombre de personnes qu'elle a croisé. Fière, elle l'est car après tout, elle est devenue une véritable institution...

Chaque jour, le même rituel, on la nargue, on la snobe... Tic Tac Tic Tac... Elle a sa solution... Fière, oh oui, elle l'est car après tout, on lui doit bien ça.

Ce soir là, pourtant, tout ne s'est pas passé comme prévu. Des mois qu'elle se soulageait ainsi, et voilà que tout allait de travers.

Il faut savoir qu'à minuit précise, lorsqu'un malheureux s'y risquait, l'horloge se frottait les aiguilles, si on peut dire ainsi.

Allez savoir pourquoi, les jeunes amoureux se donnaient souvent rendez-vous juste en dessous de l'horloge. Délicieuse habitude pour symboliser le temps qui s'arrête, lorsqu'on batifole? Elle ne savait pas, et ne comprenait rien, de toute façon, aux humains.

Reprenons donc, le soir venu, il n'était pas rare de voir un jeune premier, attendre sa promise, sous l'horloge...

Malheur pour l'un, satisfaction pour l'autre, l'horloge attendait avec impatience l'heure fatidique... Tic Tac Tic Tac...

La grande aiguille rejointe par la petite... Il est minuit... Une petite porte s'ouvre, et par un astucieux mécanisme laisse sortir un oiseau noir... Qui dont fut à l'origine de cette horloge... Elle même ne s'en souvient plus... Si vieille que l'oiseau ne ressemble plus qu'à un pieux aiguisé noir...

La suite, vous la devinerez... Ces rumeurs de meurtres à Chateauroux... Ces disparitions...

Mais ce soir là, l'horloge regarde le jeune homme avec excitation... Plus que quelques minutes... Elle savoure ce moment, bientôt encore, elle frapperait... Oh, certains s'en offusqueraient peut-être, mais a-t-on pensé une seule fois à ses propres désirs ? On l'utilise... Mais personne ne s'en préoccupe... C'est pourtant évident, elle se fait vieille, et aurait besoin d'un ravalement... Et que dire de sa petite aiguille qui commence à rouiller... Mais non ! Pensez vous ! Les hommes sont bien trop égoïstes...

Alors, encore une fois, elle n'éprouve aucune hésitation, bien au contraire... Plus que quelques secondes... Le jeune homme semble s'impatienter, il se redresse... Ouf, soulagement, il ne se décide pas à quitter les lieux...

Tic Tac Tic Tac... Voila, minuit sonne, le mécanisme se met en route... Doucement, la petite porte s'ouvre... L'horloge jubile de plaisir, encore ce soir, elle se vengera de cette éternelle ignorance...

Des bruits de pas... Non ça n'est pas possible, quelqu'un vient... L'oiseau noir s'avance, il va bientôt frapper... Malheur, le jeune homme se redresse à temps, et ne voit rien du malheur qui se joue dans son dos...

L'horloge a frappé pour la dernière fois... Le destin est si cruel, qu'il lui a oté son seul plaisir... Dans un dernier soubresaut, le mécanisme s'est grippé, et l'oiseau est tombé... Fracas, horreur... Si seulement elle pouvait crier...

Et voila, le temps de l'horloge est passée, elle n'a plus qu'à se taire et subir sans cesse les insultes des hommes... Pour toujours... A moins qu'un des leurs se décide un jour à la réparer... Tic Tac Tic Tac...
Taverne de la licorne… par Zoyah

Dans un village qui ressemblait à tous les autres, une rue qui ressemblait à toutes les autres, une taverne identique à toute autre taverne, il y avait une porte comme toutes les autres.
Une porte en bois de noyers que les intempéries avaient terni et qui n’aurait pas souffert d’un bon coup de peinture.

Cette porte se lamentait quotidiennement sur son sort de porte de taverne. Et pour signifier son mécontentement, elle grinçait chaque jour que dieu fait. Le tavernier avait beau huiler les gonds, rien n’y faisait, la porte s’ouvrait et se refermait dans un discordant grincement.
Parfois, elle s’arrangeait même pour que la clef reste coincée dans sa serrure tant il est vrai qu’elle n’aimait pas sa vie. Un tant soit peu que l’on puisse parler de vie pour une porte. Pourtant, elle était bel et bien animée d’une personnalité qui lui était propre. Elle se surprenait même à rêver des fois dans son sommeil et dans ces moments là on pouvait entendre son bois craquer.

Elle rêvait, ah ça oui…elle aurait tant voulu être une porte de château, celle de la salle de réception. On l’aurait façonnée et assemblée avec soin. Son chambranle aurait été mouluré à la gouge. Elle aurait été couverte de feuilles d’or et ornée de magnifiques motifs, pointes de diamant, fleurs de lys et j’en passe. Peut-être même qu’on l’aurait décoré d’une sublime marqueterie, travail ô combien délicat. Les soirs de fêtes, elle aurait assisté au bal et se serait gorgée de la musque ambiante et tant d’autres choses encore.

Mais non, elle était devenue porte de taverne…remarquez, elle était mieux lotie que son amie devenue porte de prison ou que sa cousine devenue porte de couvent, au moins, il y avait de l’animation mais comme on pouvait la brutaliser.

La taverne de la licorne s’animait en début de soirée comme toute bonne taverne. Il y avait les habitués, Arnaud, le fils du menuisier et son ami Mathias, apprenti boucher. Les deux jeunes venaient régulièrement jouer au ramponneau et s’enivrer d’une piquette infâme que le tavernier osait appelait « la cuvée de la maison » Seul avantage de ce verdagon, son prix, qui était à l’image de sa qualité. Il y avait Mahaud, la fille du tavernier qui aguichait les clients à coup de décolleté vertigineux et de sourires mièvres. Une pauvre fille un peu perdu comme tant d’autres qui pensait trouver de la reconnaissance dans les regards lubriques de sa clientèle. Le vieux père François qui n’avait de cesse de raconter la grande guerre, sa guerre, entre deux chopines. Et Simon, le tavernier mal odorant qui saoulait ses clients afin de leur subtiliser leurs écus. Tout ce petit monde là, elle le connaissait bien, trop bien même au point qu’elle s’ennuyait car ils étaient devenus sans surprise. Heureusement, il y avait les étrangers de passage avec leurs drôles d’accents, leurs tenues bariolées et surtout leurs histoires pour la distraire…et un demat par ci….et un Ola par là…que de diversités sonores.

Dans ces moments là, elle oubliait ses rêves et profitait avec plaisir des conversations qui se tissaient alors entre les clients. Elle en oubliait même de grincer et au tavernier de s’étonner alors :

« Corne de bouc ! vla qu’é grince plus ct’e bon’dieu d’porte ! j’y met de l’huile, é grince…j’y touche point, elle grince plus ! »

« bah, p’têt qu’elle est enchantée » répliquait alors le père François, déjà bien avinassé me semble-t-il.

Souvent dans ces cas là, le tavernier ventru se dirigeait vers sa porte, l’ouvrait et la refermait plusieurs fois en des mouvements brusques et rapides. Inéluctablement, la porte malmenée recommençait à grincer.

« ?!!? Mordiable ! é grince de nouveau ! » pestait le tavernier avant d’aller lui mettre un peu d’huile sur les gonds et de constater après réouverture et refermeture qu’elle grinçait toujours et encore.

« EEhh ! Simon, remet nous ça ! » Hurlait alors Arnaud du fond de la salle, une paire de carte en main et levant sa chope de l’autre.

Le tavernier tout déconfit claquait brutalement sa porte avant de retourner à ses clients. Jamais ! Non ça jamais ! on aurait osé faire subir ce sort à une porte de château s’offusquait la porte de taverne entre deux grincements et un craquement de bois.

La nuit tombée, inévitablement, les clients quittaient les lieux, les uns derrières les autres…et tous claquaient la porte !!! …elle n’avait pas finit de grincer et le tavernier de s’étonner.


Citation :
La chausse droite du duc par Terwargue


Norf! Ca y est! Une nouvelle séance de torture qui commence! Sans doute aussi longue que celle d’hier!

J’ai d’abord senti l’odeur se faire de plus en plus forte, se rapprochant de moi, et ensuite le contact… Sur mon ouverture pour commencer, avec un peu d’hésitation aurait-on presque dit, et puis cet appendice dure qui termine le corps de son propriétaire s’est immiscée en moi, plus loin, plus fort, achevant sa prise de position d’un coup sec, buttant au fond de moi.

Ensuite, un mouvement de son corps tout entier, et je le sens qui m’écrase, me coupant presque la respiration sous son poids… Bien vite que ce soit fini! Bien fini qu’il me libère et m’abandonne dans un coin de sa chambre, au pied du lit ou ailleurs, peu importe, mais qu’il en aie fini avec moi, du moins pour quelques heures, le temps qu’il reprenne des forces!

Alors, seule dans le noir, je l’écouterai respirer de plus en plus calmement, et peut-être même ronfler. Je profiterai de ce moment de répit pour me reposer moi aussi…

Mais demain, rien n’aura changer… Demain ce sera de nouveau le même manège, plus ou moins long selon ses envies, mais ni plus supportable, ni moins douloureux. Et moi je souffrirai en silence, je supporterai sans rien dire…

Si vous saviez, chanceuses gens, à quel point il est dur et irrespectueux avec moi! Si vous saviez, à quel point mon rôle est ingrat! Personne ne se soucie de moi, ni de ce que j’endure, pas même lui! Et pourtant… Pourtant, sans moi, sa vie serait bien différente! Sans moi, il ne serait qu’un… qu’un… qu’un vas-nus-pieds!!!

Pourquoi suis-je tombée sur lui? Pourquoi a-t-il fallu que la peau qui me compose serve à le satisfaire lui?

J’aurais pu être la botte d’une demoiselle légère et gracieuse, à la peau douce, aux jambes longues et élégante à regarder de par en bas, mais je n'ai pas eu cette chance... J'ai cependant parfois celle de pouvoir me perdre dans des visions paradisiaques lorsque mon propriétaire étend quelque peu la jambe sous une table de taverne, alors qu'il est en charmante compagnie, mais plus encore celle d'être assez loin de sa bouche pour ne pas entendre ce qu'il raconte...


Citation :
Le tavernier par masacio


Je sais, je ne suis pas beau à voir. Gros bonhomme sur des jambes trop courtes, j'boîte. Ma tête ressemble à un gros œuf, car j'n'ai pas de cheveux. Bref, j'ai une bouille ovale, avec deux gros yeux noirs, globuleux, qui me donne vaguement un aspect humain. En plus j'ai pas de cou, ma tête tombe directement dans mes épaules. Par contre mes mains elles sont fines, longues et légèrement marbrées. Certains disent que c'est normal car j' n'avait jamais travaillé. Bande de jaloux des mains... J'ai aussi un ventre énorme, qui rentre même pu dans le pantalon... avant les copains ils m'appelaient "Nicou" ou "Poulet" car quand je parle, j'ai une voix aiguë et ils disent que je cause pas, je glousse...

M'enfin maintenant c'est derrière moi tout ça. Moi, Bernique, tous les gens me mangent dans la main désormais ! j'ai ouvert une taverne à Saint Aigant, je cause mieux, ou disont je m'améliore ! J'met une perruque comme ça tout le monde croit que j'ai des cheveux ! j'porte même un corset pour cacher mon ventre. Et pis, quand je pu du bec, ben je met des clou de girofle dans mes dents comme ça ça sent bon. A SA ma taverne ne désemplie pas, on m'donne du Monsieur, du Cher ami ! Je souris bien car je les arnaque tous les beaux messieurs et les belles dames !

Je fais ma bière moi même, mais chhhut ça c'est un secret ! au lieu de mettre de l'orge je met du blé germé, trouvé à pas cher. J'paye que le houblon... faut bien sinon ça fait pas de bière... Mais j'ai trouvé une astuce pour faire payer cher une boisson médiocre. J'dis à tout le monde que je l'ai importé ! Vi ! une bière importée des Flandres, vendu 80 deniers la choppe ! C'est qu'en plus, ils raquent les gommeux ! La taverne ne désemplie pas, viennent les échevins, les diplomates, et les voyageurs !

Un jour, j'étais plein comme une huitre. Je suis descendu dans ma cave et je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai pissé dans la demie barrique où j'faisais la bibine ! Nom de diou, le lendemain, la tronche pâteuse, j'ai eu un éclair de génie ! J'ai placardé dans toute la ville que j'allais faire déguster de la bière de Touraine, mais que j'en avais qu'une demie barrique ! et que puisque c'était la première fois que j'en importait de la bas, j'faisais le verre à 75 deniers ! Tout le monde est venu gouter à ma bibine avec de l'urine dedans ! Même le chancelier est venu ! Avec son air très délicat il a même trouvé un arrière goût pas désagréable du tout ! J'me marrait à m'faire péter mon corset !

Citation :
La cloche de l’église par Eliora

De là où j'étais je surplombait tout le reste, nul ne voyait le village aussi bien que je le voyais... Nul ne pouvait admirer tant de contrées berrichonnes d'un coup d'œil (si l'on suppose que les cloches ont des yeux.) Mais ce qui m'intéressait le plus, c'était ce qui se passait à mes pieds...

L'église était située au milieu d'une grande place, surnommée à juste titre "place de l'Eglise" j'aurais préféré qu'ils l'appellent place de la cloche mais on ne m'avait demandé mon avis.

Voilà un long moment, que j'étais ici, je suivais les gens aux moments les plus importants de leur vies.. Le Baptême, le mariage et l'enterrement (hélas il fallait aussi subir cela).

Le prêtre semblait toujours débordé, il en avait des choses à faire en ce village. Ce jour ce fut un bébé qui arriva le premier. Je vis quelques personnes entrer dans l'église et la jeune marraine si effrayée qu'heureuse, de la tache qu'on lui confiait... Ce qu'elle était jeune, l'enfant serait déjà âgé de quelques années lorsqu'elle serait maman.

Comme souvent, la cérémonie se déroula parfaitement, le nouveau né entrait dans le monde des croyants et était protégé par le Très Haut... Et la cloche se souvenait, un an avant elle avait vu le mariage des parents...

Une heure plus tard, ce fut quelques femmes qui arrivèrent, chargées de fleurs et de tissus somptueux... Mais cette fois une mariée malheureuse, nul doute que ce mariage n'était pas choisit par les mariés, la jeune femme, bien que resplendissante, dans sa robe blanche, avait un sourire plutot forcé, espérons qu'elle vivrait tout de même bien. Ces situations inquiètaient la cloche, qui elle ne rêvait que d'amour... Hélas, les mariages d'amour étaient si rares... Ce qui la rendait encore plus seule... Elle soupirait et le sonneur de cloches la tirait de ses titres pensées en la secouant de tous les cotés, alors elle faisait mine d'être joyeuse et tintait, tintait en souriant, bonheur aux mariés!

La fin de la journée fut hélas moins joyeuse, elle l'avait vu bébé, enfant, marié et enfin vieillard... Le père Louis avait quitté ce monde, la page se tournait... elle commençait la cérémonie en tintant tristement, pour faire comprendre à la famille qu'elle comprenait leur douleur et, détournait le regard, préférant penser au marché animé, aux rires des enfants, qu'aux larmes de la veuve éplorée. Elle se remettait à sourire que lorsqu'une forme blanche la frôlait" Bon voyage " disait elle "Continuez à être heureux!" Et il disparaissait, nul ne savait où il se rendait...

Et l'église était préparée pour le lendemain, messe du dimanche, elle les reverrait tous, sauf les quelques soiffards, préférant s'abandonner aux joies de la taverne, drôle de taverne d'ailleurs, sa porte grinçait tant qu'elle l'entendait d'ici... Mais pour rien au monde elle s'en serait séparée, elle l'aimait comme tout les autres... Ce qu'elle s'ennuierait sans eux!
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MessageSujet: Re: Tranche de vie Berichonne (RP)   Jeu 12 Mar - 15:44

Citation :
Le soir de ses noces une jeune fille par Degaulle.


La nuit tombait peu à peu à Bourges. La chaleur suffocante de la journée faisait place à la fraîcheur réparatrice.
C'était une belle nuit d'été qui commençait. Une nuit où il était bon de sortir, mais Sainte-Catherine, derrière sa fenêtre, n'avait pas le coeur des ballades nocturnes.

C'était le 24 juin 1455, la vieille de son mariage avec le duc de Pouille. Un homme qu'elle n'avait jamais rencontré, un homme dont elle ignorait sa vie, ses goûts, ses passions. C'était pourtant avec lui qu'elle allait partager le reste de sa vie c'est-à-dire toute sa vie.
On le disait coureur de femmes, non galant, antipathique, ivrogne sans borne, ayant comme cousins les carpes, suite à son phyisque.

La nuit avait beau ressembler à un conte de fée, Sainte-Catherine était désespérée, mélancolique, peu à peu, elle s'enfermait dans un profond mutisme.
Mais, son père, ainsi que son beau père, s'indifféraient de son sort. Qu'importe qu'elle soit heureuse ou malheurseuse, voir dépressive, le duc de Pouille était issu d'une grande famille de noblesse, mais sans le sous, la famille de Sainte-Catherine était riche, mais un titre de noblesse .
Chacune des deux familles trouva leur avantage dans cet hymen.

Hymen tragique pour Sainte-Catherine, puisque le moment fatidique arrivait lentement, mais surêment, pour sceller à jamais sa pauvre et misérable vie.
Le désepoire est grand, la résignation encore plus forte, c'est dans ces moments là que l'âme dévoile toutes ses souffrances.
Sainte-Catherine tomba en sanglot et déversa toutes les eaux de son corps. Elle pleurait comme jamais elle n'avait pleuré durant toute sa vie.

Demoiselle, pourquoi une telle tristesse ? demanda un homme, alerté par ses terribles cris.

Sire, c'est que je m'apprête à vivre mes derniers instants...Demain, je serai condamnée à vivre avec une monstreusité qui, dit-on, n'éprouve que mépris envers les gens de rien, gens n'ayant aucun titre comme moi.

Demoiselle, sachez que c'est moi qui fait et défait les noblesses et on n'est jamais aussi bien né que par moi. Qu'importe, Sainte-Catherine, que vous soyez née ainsi, moi, votre époux, je ne veux que votre bonheur. On dit des choses forts désagréables sur ma personne car j'ai beaucoup d'ennemis.
Si, vous pensez, Sainte-Chatherine, que je suis une monstreusité et que je suis le vice incarné, je vous offre la possibilité de ne pas vous marier avec moi. Je ne veux pas être la source de votre fardeau.

Il lui baissa la main. Puis, il sortit, comme il était rentré, discrétement.

Sainte-Catherine fut stupéfaite. Ce n'était pas un ivrogne qu'elle avait eu en face d'elle, ni une carpe, un précheur, un mauvais homme, mais un homme coquet, doué de raison, beau et attentionné.

C'était une nuit belle d'été qui commençait. Une nuit où il était bon de sortir avec son futur époux.


Citation :
Le corset par tadek

Bonjour, moi je suis le corset de ces dames.

Elles adorent m'utiliser pour mettre en avant leurs atouts
qu'elles ont ou pas d'ailleurs ...

Aujourd'hui, ma maîtresse a un rencard avec un de ces jeunes
hommes qui lui perdurbe l'esprit et les sens et elle va avoir besoin
de moi une fois de plus, mais j'en ai assez de ne servir que pour
séduire, il est temps qu'elle comprenne que où elle m'utilise
tout le temps ou elle fait un retour au naturel ...

Cà y est, elle m'enfile, elle sert, elle sert ...
Là, voilà, elle ne peut presque plus respirer mais çà lui plaît.

Voilà le jeune homme qui arrive, sa température corporelle augmente,
son coeur bas plus vite, elle transpire ...

Ils discutent, son souffle se fait de plus en plus court, elle a de plus en plus
de mal a respirer, elle souhaiterai me desserrer mais c'est impossible,
çà ne serait pas politiquement correcte.

Il lui touche la main, la tête lui tourne et je ne dessère pas ma prise,
il est temps de lui donner une bonne leçon, sa tête tourne, tourne
et ... elle perd conscience !

Victoire par KO du Corset !!!


Alors Mesdames, vous ne voulez pas essayer le naturel ?

Citation :
Une tapisserie par johanara


Quelle horrible idée de m’avoir placé juste en face du portrait enfumé et à demi effacé de la grand-mère! Hideux tableau qui me toise depuis bientôt vingt ans. Parfois je compte les rides de la vieille taupe et il me semble toujours en trouver une nouvelle…

La petite chambre est fort joliment meublée. Près du portrait, un coffre de garde robe avec miroir de Venise. Un large fauteuil de velours bistré et d’immenses rideaux qui retombent en flots vaporeux sur les sols.

A gauche, une grande fenêtre à châssis dorés donnant sur les jardins. C’est très plaisant l’été d’être baignée par les rayons du soleil. La lumière me couvre de jolis reflets pourpres et ocres et il me parait alors recouvrer ma prime jeunesse.

A droite de lourdes tentures cramoisies et une petite table joliment ornée avec tout ce qu’il faut pour écrire.

Au fond une porte basse donnant sur les appartement d’Amélie.

Amélie , Amélie…

Son parfum délicat et capiteux emplit toute la pièce. Quand elle pose ses jolis yeux ambrés sur moi , c’est un miracle si les fils qui me composent parviennent encore à tenir ensemble.

La voilà justement qui arrive , je reconnais son pas léger et souple. Un léger frémissement me fait tressaillir contre le mur. Mais quelque chose ne va pas. Son sourire tranquille à l’accoutumée est nerveux et son regard affolé. Elle semble avoir du mal à respirer.

Fichu corset! Maudit soit il de maltraiter sans vergogne ma brune enchanteresse! Son teint doré et chaud est presque blême , il va me la faire mourir!

Un homme pénètre dans la pièce. Tiens le drôle de l’autre fois qui ignore qu’il est cocu. Par dessus un habit sombre , un riche manteau de velours clair brodé d’or et doublé de satin. Un chapeau dont les plumes viennent caresser les longs cheveux noirs et vaporeux d'Amélie qui n’en finit plus de glousser sottement entre deux douloureuses respirations .

Elle se tortille, tente vainement d’atteindre discrètement les lacets de l’objet de torture qui est ma foi le plus veinard de tous …Ne goûte t’il pas en permanence la douceur de sa peau et de ses exquises rondeurs ?

Et voyez comme il est ingrat! Il mériterait d’être jeté au feu!

J’ai envie d’hurler! Faire fuir l’avorton qu’elle puisse se dévêtir et retrouver son souffle! Mais non le bougre reste là à caresser la paume de sa main , avec son regard de veau !

Je contemple impuissant les lèvres charnues d’Amélie s’étirer en un rictus qui n’a plus rien de charmant et se ses paupières se clore sur son regard mordoré.

Fébrile , je m’agite sur mon mur sans rien pouvoir faire pour la pauvre enfant à présent évanouie dans les bras de son amant.

Le rustre en profite, la main baladeuse sur son ventre et sa poitrine ! Bas les pattes !

Si seulement elle pouvait se tenir à moi pour se relever…


Citation :
Apothicaire maladroit par Ayla


Le vieil apothicaire rentra dans son officine. Il sorti de sa poche la clé la mis dans la serrure, et là rien la clé ne bougea pas d’un iota, donc appuya sur la poignée et là la porte s’ouvrir, le vieux apothicaire secoua sa tète, et se gratta le sommet de son crane dégarni, il était vêtu en noir avec un bout de chemise dépassant de son pantalon à l’arrière.

Il alla à la fenêtre et ouvrit les volets, puis retourna à l’arrière de son officine et il prépara la mixture pour un malade, il prit plusieurs herbe les mélangea, y les écrasa, puis senti pour voir si sa mixture prenait il posa le bol, puis regarda les herbes.

Dans la boutique une cloche se fit entendre, il repassa dans la boutique, un gamin était là

- Monsieur maman m’a dis que vous aviez son onguent

- oui bouge pas je l’ai fait à l’instant

Il prit l’onguent le mis dans un sachet en tissus, le reposa et en pris un autre pour mettre des herbes, prit l’autre sachet et retourna dans la boutique

- voila petit, dis à ta mère de passer ceci sur la poitrine de ton père puis de lui faire prendre ses plantes en infusion

Le garçon parti en courant en remerciant le monsieur. Le vieil apothicaire leva les yeux au ciel et sourit, ça lui manquer sa jeunesse…

Il sourit en retournant dans son laboratoire, il se baissa pour ramasser une plume, et se demanda comment la plume était arrivé là, et la il vit un pigeon voler dans sa boutique et se demanda comment ce pigeon avait pu arriver la, il regarda autour de lui et vit la fenêtre ouverte, donc il ouvrit la porte et prit un balais et voulu chasser le volatile. Son balais heurta le comptoir et fit tomber toutes les herbes qui ont séché il lâcha le balais et ramassa ce qui se trouvait au sol.

Un coup sur la porte le fit sursauter

- M’sieur, vous vous êtes encore trompé, ce n’est pas le bon

Le vieil homme se releva et vit le jeune garçon qui était tout essoufflé. Prit le sachet,le senti et éternua en sentant que c'était du poivre et retourna lui changer

Moralité de l’histoire toute sa vie il a été tête en l’air mais tout le monde l’aimait donc oui on peut être tête en l’air et être le meilleur...
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MessageSujet: Re: Tranche de vie Berichonne (RP)   Jeu 12 Mar - 15:47

Citation :
Soldat déserteur par thomas de clerel

Vagabond plein d’espoirs, qui rêvait de gagner quelques écus, recruteur en taverne qui rêvait de remplir les objectifs mensuels de recrutement pour son régiment, cela suffit pour que le jeune vagabond rejoigne les rangs de l’Ost du Duc de Berry, contre la vague promesse d’une prime de 75 écus à la signature et un bon salaire à chaque mission.

Mais le vagabond ne voulait pas que la prime et pas les contraintes.
Mais le vagabond ne pensait qu’à partir dépenser ses 75 écus rapidement gagné dans un bordel.

Alors lorsqu’on lui fit visiter la garnison, et qu’on lui offrit sa première mission de haute importance stratégique, comme on lui avait présenté, nettoyer les couloirs des locaux.

Le jeune vagabond armée de son balais de pailles commença sa besogne, jusqu’à qu’il soit seul et qu’il décida de prendre la poudre d’escampette, avec son balais, toujours, car après tout, il en tirerais bien un écu ou deux, soit une bug ou deux….

Passer devant les gardes de la porte sans éveiller le moindre soupçons, voila à quoi il pensait alors qu’il s’approchait de la porte, du bâtiment, lorsqu’il ouvrit, il passa sans regarder les deux gardes, sans saluer, regardant droit devant, son balais à la main, se dirigeant d’un pas lent vers la sortie, le visage blême, si on lui demandait où il allait, il ne saurait quoi répondre et il ne faudrait que peu de temps pour le confondre, mais cela devait être son jour de chance, car il parvint à sortir sans que personne ne l’arrêta, ne provoquant que quelques rires, un soldat qui se baladait dans la grande cour un balais à la main amusait les autres soldats.

Et c’est dans une ruelle sombre qu’il fut prit, non pas par ceux auxquels il essayait de fuir, mais par un vulgaire voleur, qui ne se contenta point de lui prendre sa bourse, mais qui préféra aussi lui délester de sa vie, en le poignardant et en le laissant de vider de son sang dans cette froide ruelle, alors qu’il vidait lui la bourse dans une taverne.

Alors que son âme quittait son corps, le vagabond se dit que finalement, il aurait mieux fait de rester soldat, au moins, il ne serait pas mort si tôt..

Citation :
Bancs du confésionnale par sov

Et voilà. Encore une fois, il se retrouvait seul.
Oh, il n'allait pas se plaindre; ce n'était pas son office. Mais plutot celui de ceux qu'il rencontrait, qu'il soutenait, autant que sa condition le lui permettait.

Il ne pensait pas qu'un jour il pourrait etre dans cette situation : il avait ecouté nombre de bonnes gens. Plus qui quiconque ne pouvait le prétendre. Il était resté là, sans les interrompre, sans bouger, les laissant raconter leurs petites manies, les larmes aux yeux, comme s'ils étaient coupables de mille morts. Et bien souvent il avait eu envi de les secouer, de leur dire que tout cela n'était rien !!!!

Mais non, ce n'était pas dans sa nature. Leur raconter ses problèmes à lui ? A quoi bon ?? Ils venaient parler, pas ecouter.

Aujourd'hui, il soupire avec lassitude. Que ne ferait-il pas pour voir revenir tous ces pleurnichards ? Mais voilà, quelques années auparavant, alors que cette chère église était enfin reconstruite, elle fut à nouveau le lieu d'évènements qu'il qualifierait de surprenant. Décidément, il aura toujours du mal à comprendre les hommes.

Après cela, meme le curé avait quitté les lieux. Lui qui était si bon, si généreux. Mais qu'est ce qu' un curée sans église ? Un banc sans personne pour s'assoir dessus ? Oui...surement...

Ainsi, depuis la destruction de l'église Saint Aignan, il ne restait plus que lui...Ban...le p'tit banc du confessionnal...


Citation :
Le juge malhonnête par Renlie


Le juge Berluscocici entra dans le Palais de Justice de bon matin.... Une fois n'était pas coutume, la journée serait très longue, aussi s'attaqua-t-il de suite aux dossiers du jour, non sans s'être servi une bonne rasade de calva, issu d'une bouteille que le père d'un de ses derniers « clients » lui avait fait parvenir par colis gastronomique interposé...

Premier dossier de la journée, un certain Gilberto Tozzi, recteur d'université de profession. Arrêté en flagrant délit de conduite en état d'ivresse, la charrette sur la voie de gauche qui plus est... A manqué de peu d'écraser le sergent de police, s'est fortement rebellé sous les injonctions des agents, avant de tenter de les soudoyer avec quelques pièces d'or, a passé la nuit au cachot, et sera présenté en comparution immédiate à 10h devant la Cour du Berry.....

Halalalalala, on ne trouve plus de bons policiers! Incapables de négocier un pourboire valable pour fermer les yeux, il sera temps que j'ai une entrevue avec la charmante prévôt, que ses hommes suivent quelques cours à l'université!

L'heure de l'audience étant venue, le greffier vint prévenir le juge, qui enfila péniblement son accoutrement de mammifère volatile des mers du sud, le calva étant de fort bonne qualité... Remarquez, il pouvait l'être, vu la relaxe du prévenu normand, après avoir sauvagement dépouillé la dite prévôt avec son comparse, la laissant à moitié nue et sans connaissance sur le bord de la voie romaine! Qu'à cela ne tienne, il lui ferait porter une belle robe de soie qu'il avait extorquée à un marchand sicilien qui s'était fait choper sur le marché de Bourges, elle la trouverait surement à son gout.

Une fois tout le monde installé, le juge Berluscocici entra dans la salle, et s'installa lourdement dans sa chaise. Il la fit grincer outrageusement, sentant monter une horrible manifestation bruyante émanant du cassoulet dégusté au petit déjeuner, cadeau reçu d'une Dame Blanche remontant du sud, n'ayant pas souhaité obtempérer aux ordres de la douanière.... Ha qu'elle était dure la vie de juge, il n'était pas facile tous les jours de trouver des cadeaux en adéquation avec ses gouts personnels, il devait souvent faire moult efforts pour que justice soit rendue, ou pas...

Une fois l'orage passé, il prit son marteau en main, et en usa, voir abusa... afin de faire le silence dans la salle, et surtout autour de lui, ses assesseurs n'ayant pas manqué de suffoquer au nuage nauséabond provoqué par la graisse d'oie.

Faites entre l'accusé!

Le petit homme entra dans la salle par le porte ad hoc, et s'avança devant lui. Diable qu'il était vieux... On ne mets donc pas les gens à la retraite dans ce duché se dit-il, du haut de son âge tout aussi canonique!

Alors monsieur le recteur, racontez-moi donc ce qui vous amène devant la Cour de si bon matin, que je puisse éventuellement vous libérer avant midi. Non seulement c'est lasagne ce midi à la cantine ducale, mais en plus j'ai croisé vos étudiants qui piétinaient devant l'entrée de la salle de cours ce matin, je comprends maintenant pourquoi!

C'est alors que le recteur se targua d'une histoire rocambolesque, durant laquelle le sergent de police l'aurait vilement attaqué en prononçant des noms de poussins poilus, de fierté mal placée.... Une histoire sans queue ni tête. A force de détails, on compris que la poire de Sancerre n'était pas étrangère à ce phénomène, aussi le juge coupa-t-il court à cette explication farfelue, afin de laisser les services de police s'exprimer à leur tour.

Une fois les témoignages terminés, il envoya le procureur chercher du café pour tout le monde. Cette charmante donzelle était aussi délicate qu'imperturbable, et malheureusement incorruptible. Les travaux de réamènagement de la prison étant bloqué par un CAC radin comme jamais, il n'avait plus de cellule digne de ce nom à proposer à un recteur, aussi fallait-il trouver un arrangement, comme d'habitude... A peine la porte eut-elle claqué, qu'il invectiva les présents.

Approchez donc Mr le Recteur. Au vu de vos bons services rendus à la communauté berrichonne, et après avoir entendu votre déposition et celle des services de police, je vous propose ceci, fissa avant le retour de la Proc!

Vous me donnez la moitié, et la vraie moitié, j'enverrai 2 commis compter avec vous, de votre réserve personnelle de poire. Je sais que vous avez dérobé la totalité du stock que le duc avait planqué durant votre absence dans votre bureau.
Ensuite, afin qu'on me foute enfin un peu dans la paix pendant que je joue au boulier avec le CAC dans mon bureau pour le décider à me payer des nouvelles cellules, vous instaurerez un cours particulier à l'université pour les services de police: « Corruption et soudoyage d'un prévenu »
Je serai le professeur honoraire, 20 écus par tête de pipe, 10 policiers à chaque cours, 2 fois par semaine, et les frais administratifs me reviendront également, pour la peine et le déplacement(ben oui, y a quand même une rue à traverser...).

Vous les policiers... Franchement, vous me décevez. C'est quoi ces manières? Depuis quand on refuse quelques pièces d'or? Le pire, c'est que vous aviez bien fait, on ne prend pas si peu à un vieux pochtron riche comme Crésus, vous auriez du faire votre prime de Pâques en une soirée!

De toute façon, vous n'avez pas le choix, c'est ça, ou je laisse la Proc requérir contre tout le monde, police incluse, pour incompétence majeure et corruptibilité, j'ai en stock quelques faux documents qui étayeront bien tout cela!

Marché conclu? Je l'entends revenir....

Sur ces mots, toute la salle regardait le juge médusé. Enfin pas les habitués, ils avaient tous construit leurs demeures avec les avantages glanés par le juge lors du procès d'un célèbre entrepreneur en pierre calcaire de la région, à part la fermer, il ne leur restait plus rien à faire d'ici la retraite. Enfin si une chose: ne jamais oublier l'anniversaire du juge! D'ici peu il serait nommé juge à vie, ayant surpris le duc dans la couche d'une princesse parisienne, il n'aurait d'autre choix que de le nommer s'il ne voulait pas que cette histoire s'ébruite...

Haaa madame la Procureur, vous tombez à pic, on n'attendait plus que vous pour le réquisitoire, nous vous écoutons.

Un peu affolée par l'empressement soudain du juge, la proc prit vite son dossier, demanda 200 écus d'amende et 3 jours de prison pour circonstances aggravantes, avant de se rasseoir, la mèche encore virevoltante de sa course au café.

Si personne n'a plus rien à déclarer, je vais rendre mon jugement!

Messire Gilberto Tozzi, en regard de vos services rendus au duché, je vous relaxe des faits qui vous sont reprochés aujourd'hui. Je gage que votre prochaine consommation de poire diminuera de moitié, et que vous aurez la prudence de prendre le sergent Cicco ici présent comme chauffeur le soir venu!

Allez donc vite ouvrir la porte de l'université à vos chers élèves, le niveau baisse dans ce duché, je passerai vous voir pour la mise en place urgente du cours dont je vous ai entretenu il y a peu!

Justice est rendue, et bien rendue, je me retire dans mon bureau pour étudier le prochain cas. Reprise de l'audience à 14h..... Enfin non, disons 15h, c'est lasagne ce midi..... dit-il en esquissant une éructation délicate aux parfums de graisse d'oie tomatée...

Il fit lever l'assemblée, et disparu maladroitement par la porte menant à son bureau, au grand désarroi des étudiants du cours de théâtre, venus prendre une leçon de comedia dell arte dont était friande leur professeur.

Citation :
Epée d’un brigand par Ysandre

Qu'il cesse de me caresser .... Qu'il cesse de frotter ses sales pattes sur moi!

Elle réprima un frisson de dégoût alors que les doigts serpentins jouaient sur son corps immobile.
Ce fieffé maraud se saisissait d'elle encore, comme si rien n'avait changé, comme si leur relation était restée la même..
Que croyait-il l'animal? Qu'elle accepterait ses choix sans broncher, sans même avoir été consultée?

Ah! Dieu qu'elle lui en voulait!
N'avait-elle pas toujours été fidèle?
Elle avait été façonnée pour lui, lui avait offert sa vie!
Les hommes n'étaient pas dignes de confiance conclua-t'elle, dépitée.

Mais lui... Lui!
Ah, que n'avait-elle pas fait pour lui complaire, pour briller à ses yeux vifs!
Des années, elle avait fait corps avec son maitre, chevauchant avec lui sur tous les chemins du royaume.
A l'évocation de leurs périples passés, elle s'illumina, la pauvresse abandonnée.
Elle lui avait offert sa vie entière, dévouée corps et âme pour le satisfaire, obéissante et silencieuse..

Ah pour obéir, elle n'avait jamais failli!
Vive, prompte et efficace!
Pourtant, il l'aimait jadis, son beau maitre si puissant, si beau..
il la protégeait de son corps, la flattait de sa main comme pour l'encourager lorsque la peur s'emparait d'elle et que l'ennemi leur faisait face..
Ce simple geste la gonflait alors d'une incroyable témérité, elle la muette vaillante!
Alors, elle s'interposait, se ruait sur sa proie et déchirait ses chairs, exultant d'une joie morbide quand elle sentait la vie quitter ceux qu'elle n'hésitait jamais à affronter pour lui.
Elle ressentait sa fierté quand il constatait ses méfaits, quand elle fondait sur ces ventres abjects de nantis bien nourris et mettait à jour leurs viscères sanguinolents, quand elle émasculait les couards, pleurant sur leurs gonades gisant au sol, se vidant de leurs fluides malodorants.

Il est vrai que jeunette, ses gestes étaient plus hésitants, n'aimant guère être souillée d'un sang qui ne fut pas le sien..
Néanmoins.. Au fil du temps, on apprend à se rassasier du sang des autres..
Il vous appelle, vous nargue..
Oui, elle avait appris à aimer ce doux nectar aux reflets de rubis, comme elle avait apprit à jouir de ses meurtres, tant le regard qu'il posait sur elle, une fois le corps inerte la transportait.
Et elle avait soif aujourd'hui..

Oh oui regarde moi encore mon beau maitre...

Mais que lisait-on dans ces yeux dépourvus de l'éclat d'autrefois?
il pleurait!! il pleurait! Lui!
Lui, l'Invincible, le Fier, le Maitre!
Ah si seulement elle osait lui cracher au visage! Lui signifier ainsi tout son mépris..
Regretterait-il son choix? Il était là, vêtu comme un prince, son long corps musculeux ayant laissé place à un léger embonpoint.
C'en était fini des longues chevauchées, la nuit, seuls tous deux, serrés l'un contre l'autre, à la recherche de voyageurs imprudents, cibles faciles et promettant souvent belle picorée.
C'en était fini de ces rixes quotidiennes, des jours de jeûne parfois, de cette liberté-là qui les enivrait.
C'en était fini du beau brigand.
Lassé de tant de vilité, riche du bien des autres, il avait voulu prendre femme et lui donner un enfant.
Désolant spectacle que cet homme qui fut le plus grand devenir plus commun que les gueux pouilleux qui pullullaient sur la grand place.

Regarde moi de plus près mais arrêter de pleurer..
Nous sommes face à face, maintenant.
Regarde moi!! Pleutre!
Ose au moins!
J'ai soif...

Les yeux de l'homme s'allumèrent alors d'un feu oublié..

Il se saisit d'elle et d'un geste vif la serra contre son coeur, mortelle étreinte.
Elle se fondit en lui, sa plus fidèle amie, buvant sa sève, lui ôtant la vie.
Il lui appartenait à nouveau, son maitre..
L'épée luisait à nouveau, plantée en son sein, rassasiée..
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MessageSujet: Re: Tranche de vie Berichonne (RP)   Jeu 12 Mar - 15:48

Citation :
Place ducale par zaibairer

La terre animée d’une force invisible mais palpable, celle de dame nature mais pas naturiste, ça non. Chaque pierre, chaque montagne, chaque lopin de terre avait une âme propre, une âme grondante comme en Auvergne ou une âme tranquille là plupart du temps…Et c’était le cas des vieilles places ducales (c’était d’ailleurs pour ça qu’on avait choisi cet emplacement, pas bête la guêpe). Il faut savoir en effet que les places ducales sont sensibles et tranquilles à la fois, douce et fondante mais si on les irrite de trop elles peuvent être colériques…

Et parmi toutes ses places réputées, il y en avait une un peu particulière, une au-dessus de toutes les autres, la place ducale du Berry. Au centre de la vie berrichonne, elle en avait vu des choses, des tas de choses qui dépassent la mémoire des hommes…

Elle était toujours en première loge pour les manifestations en tout genre, bonne comme moins bonne. Elle assistait aux grandes cérémonies de petites personnes et aux petites cérémonies de grandes personnes, aux jaspinades, particularité berrichonne qu’elle appréciait particulièrement… Et ça la faisait rire de voir tant d’agitations pour si peu de choses, des choses si futiles car eux disparaitraient et elle serait toujours là. Mais l’homme dans sa grande vanité ne pouvait s’empêcher de faire le beau et de vouloir se démarquer du reste du monde, vraiment chose idiote que cela pensait-elle.

La place ducale était moqueuse, c’était là son moindre défaut.

Oh mais qu’est ce qu’il est gros celui-là, dis donc, ferait mieux de faire un régime hihi… Et elle, là, elle est tellement ridée qu’on dirait une pomme pourrie, hihihi… (et oui, la place n’est pas fute fute non plus, faut pas trop lui en demander quand même).

Mais la vie de place ducale n’était point de tout repos non plus…
Tout le monde lui marchait dessus sans prendre attention, alors elle pestait. Bande d’ingrats ! se disait-elle, Que feriez-vous sans moi ! Vous pataugeriez dans la boue ! les bottes toutes crotteuses !

Elle détestait par-dessus tout, les foires, les marchés avec tous ces animaux qui avaient comme fâcheuse habitude de déféquer sur ses beaux pavés…

Hé, non mais ca va bien, plus aucun respect ou quoi !! Mes beaux pavés, flûte. Y’en a marre de ses sales bestiaux, je vais te leur flanquer un pavé au cul moi, tu vas voir que ca va pas traîner !

Mais les humains n’étaient pas en reste non plus… les enfants, souvent s’empiffraient de victuailles puis, durant leurs jeux, avaient la mauvaise idée de rendre leurs bectances au sol…

Et mais… mais… qu’est ce que tu fais ! Mais quel petit con, reviens ici tout de suite, morveux, reviens je te dis ou je te jette un pavé dans ta salle tronche grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !!!!!!!!…

Oui des jours comme ça, elle aurait voulu hurler si elle avait eu une bouche et jeter des pavés s’il avait eu des bras mais ce n’était point le cas.

Je me vengerai un jour, je me vengerai ! Ruminait-elle.

Le brouhaha était tel que parfois, elle aurait voulu être sourde (bon en fait elle l’était puisqu’elle n’avait pas d’oreilles mais c’est psychologique).
Mais ce n’était pas tout… Soumise à tous les temps, elle détestait la pluie, ça la rendait glissante et combinait au gel, l’ensemble faisait craquer ses pavés, les fendait…

Ayyyyyeeeeuuuuuhhh !!! Ca pique !!!

Et le comble de l’horreur, Les pigeons, oui les pigeons et leur fiente acide qui lui brulait le pavé…

Satanés pigeons ! Mais qu’est ce qu’ils ont tous ces cons avec leurs pigeons ! Vous pouvez pas aller discuter entre vous plutôt que de vous envoyer des pigeons, dites donc… Y’en a partout maintenant ! En plus, ca coûte cher, 0,35 écus le message (hors forfait) ! Mais arrêtez de leur donner à manger bande de ramollis du bulbe, pine d’huitre, couille d’oursin, ils chient partout ses pigeons aux petits pois !!! Grrrrrrrrrrrrrrr Ahhhhhhhhh !!!!!!!!!!!! Ca brûle !!!!!!! (bon on vous avait dit qu’elle pouvait être colérique)

Heureusement, elle avait quelques petits plaisirs, quelques délices sucrés, fallait bien quelques grammes de finesses dans ce monde de brutes épaisses.
Parfois, trop rarement hélas, il arrivait qu’on lui change ses pavés abîmés par toutes ses attaques acides (heureusement Colgate Palmolive était là pour combattre les attaques et renforcer l’émail). Alors, elle était flattée de voir qu’on s’intéressait un peu à elle, à son apparence, à sa beauté.

Hihihi !! Ca chatouille !! Arrêtez puisque je vous dis que ca chatouille !! Hihihi !!

Elle avait une grande chance également, c’est qu’elle ne s’ennuyait jamais, toujours un passant, toujours quelques choses d’inattendu.

Ah tiens aujourd’hui, c’est défilé, tiens aujourd’hui c’est l’élection du bouffon, tiens aujourd’hui le Duc va nous raconter une nouvelle blague !

Et quand l’été arrivait, elle pouvait voir que certain et certaine ne portaient pas de tuniques sous leurs habits.

Oh les cochons !! Hihi !!

Moralité, faites attention où vous marchez la prochaine fois, vous pouvez énerver la ‘tite place ducale… et comme dit le proverbe un volcan s’éteint, une place ducale s’éveille…


Citation :
Le sanglant par Nephertiti

"Grrrrrrrr !"

Le soleil se couchait. Il en était sûr ! La nuit enveloppant la ville dans son manteau sombre et oppressant, réveillait toujours ses bas instincts.

"Pffff !!... j' comprends pô... l'embuscade était parfaite,... la garce était piégée, sous mon control... Pourquoi c' lieut'nant sancerrois, mandaté par l' Duc pour la protéger n'a pas pu la laisser rentrer seule comme elle l'avait demandé... Pffff j'en s'rai pô là maint'nant..."

Le_ Sanglant, en prison, voilà ou il en était, Lui le Magnifique, l'Ecarlate comme le nommaient les légendes, Prisonnier dans cette geôle aveugle et immonde, à l'odeur de moisi, de défection et de putréfaction de vermine. Cette pensée le révulsait. Lui enfermé comme n'importe quel malotru, mais il n'y était plus pour longtemps, demain à l'aube il serait décapité.

"Grrrrrr!"

La nuit tombait... Comme il aurait voulu être dehors... Juste pour cette nuit, cette dernière nuit... Cette odeur si familière, pour l'avoir tant déversée, lui remontait dans le nez. Un frisson d'extase le parcouru et il passa sa langue sur sa lèvre supérieure.

"N'accorde-t-on jamais une dernière volonté aux prisonniers dans c'pays ?"

oh oui il aurait aimé être dehors à ce moment là, réaliser son dernier cruel dessein. Etre là et regarder en face le dernier souffle s'échapper de sa gorge voluptueuse, entrainant avec elle l'immondice qu'elle portait. Cette garce, qui l'avait éconduit sous prétexte qu'elle était mariée et enceinte... Savait-elle seulement qui il était ? Savait-elle à qui elle parlait ?...
Lui, Le_Sanglant, qui avait semé la terreur et le sang partout sur son passage...

"Garce Ignare !!!"

Il se gaussait à imaginer tous les scénarii qu'il aurait pu appliquer pour obtenir ce résultat final. La nuit avançait. Un geôlier ouvrit la porte, il amenait un Diacre pour confesser Le_Sanglant... A la vue du Diacre, Il éclata d'un rire sans joie. D'un geste de la main il signifia aux intrus qu'il n'avait nullement l'envie de se confesser. Sauver son âme ?... qu'elle âme ? la sienne était déjà vendue... La porte se referma et un rire fou s'empara du Sanglant. Il n'avait aucun regret sauf celui de savoir sa dernière proie en vie... Il n'avait aucun remord... Tant d'années à semer la terreur l'avait changé... La nuit s'écoulait et sa joie enflait. La porte souvrit de nouveau, les geôliers venaient le chercher, il était temps maintenant... Ils lui attachèrent les mains et les pieds et l'entrainèrent dehors.

"Si seul'ment j'avais une main de libre !"

Un sourire en coin et le regard éclatant il avança vers son destin... ou pas...

Citation :
Une mouche par Masacio

Ma vie n'est pas simple, je suis tout le temps chassé. Les humais font de si grands gestes pour me saluer qu'ils manquent de me tuer à chaque signe... Mais enfin tout cela est du passé puisque j'ai trouvé mon homme ! Et quel homme ! mon humain à moi il a été soldat à l'Ost Royal Mon militaire est un amour, il me laisse rester sur son visage pendant la sieste, et terminer ses repas arrosés... Je suis là, dans tout ses déplacements à virevolter de plaisir, à bourdonner de joie. Il faut dire qu'il m'emmène partout... l'autre jour nous étions à Lignères. J'adore cet endroit, mais pendant le repas mon maître s'est disputé avec un homme distingué, je me suis éclipsé. L'adversaire de mon homme était une fine mouche, tandis que mon amoureux serait plus mouche de coche... Bref je les abandonne pendant un instant pour me réfugier dans la chapelle, l'air y est frais et il y a toujours quelques morceaux d'hosties par terre. En plus, pendant que j'aspire les quelques restes, j'adore regarder le vitrail de droite en entrant... je le trouve merveilleusement beau...

Quand je suis revenu, une jeune fille gracieuse, genre qui ne ferait pas de mal à une mouche s'est écriée Oh mon Valentin, vous avez une mouche près de vous ! Joignant le geste à la parole, elle a voulu m'abattre ! Quelle mouche l'avait piquée elle ? J'ai pu l'éviter de justesse mais je me suis froissée une aile. Il faudra bien qu'elle s'habitue à moi, elle veut me tuer mais on ne chasse pas une mouche avec du poil au pattes ainsi !

Citation :
Le brigand par lhote

J'y voudrois parlé d'une mien complainte pour monstré oh combien nostre vie estoit cruelle et dangereuse...

A moi brigand que m'importe la gloire
Fils de prince et de prostitué
Sur les chemins je chantait ma victoire,
Dans les cranes j'ai bu la liberté
Vivre d'orgie est ma seule espérance
Le seul bonheur que je pui conquérir
Car sur les routes j'ai passé mon enfance
C'est sur les routes qu'un brigand doit mourrir

REFRAIN
Vin qui pétille
femme gentille
sous vos baisé brulant d'amour
Plaisir, ripaille,
VIVE LA CANAILLE!
Je boit je chante et je tue tour a tour

Etant brigand je vie en groupe restreint
Défiant les lois meme de la mort
Vivre de viol de meurtre de larcin
Je boit mon vin dans une coupe d'or
Vierge craintive toi ma captive
Mes lèvre irons dévoré tes appats
Encore brulante d'une autre amante
Ta vertue va expirer dans mes bras

Refrain

Peut être demain dans une ville étrangère,
mon corp servira d'étandar
Mes tripes se répendront par terre
Suspendu sur le bord des rempart
Allons Esclave
Allons debout mon brave
Buvon la vie dans un grand pot
Ajour d'hui fête
et demain peut être
Ma tête seras planté dans un poteau.

Refrain

Peut être par un coup de fortune
Je capturerai l'or d'un riche noblion
Riche a pouvoir m'acheter la lune
Je partirai vers d'autres horizons
La respecté tout comme un gentillhomme
Moi qui n'était qu'un forban, qu'un bandit
Comme n'importe quelle personne
Devenir duc ou tenir une mairie...

Merci...
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MessageSujet: Re: Tranche de vie Berichonne (RP)   Mar 31 Mar - 12:19

Citation :
Jeannot le gardien de Goele par Escalibur
Groumph ! Tel était l'un des rares mots que l'on pouvait entendre s'échapper de la bouche de geolier. Etait-il capable de s'exprimer autrement ? Tout le monde l'ignorait... Il fallait dire que Jeannot était identifié par tous comme étant l'idiot du village et personne ne savait rien de lui. Le plus exact aurait été dire que "personne ne voulait rien savoir de lui". Ce qui créait le "paradoxe Jeannot" c'était qu'on aimait parler de lui ou plutôt "sur lui"

En effet, moults rumeurs courraient sur son compte : les uns disaient qu'il était le batard né d'un soir de beuverie au palais ducal : le Duc aurait fricoté avec une câtin et le résultat aurait été Jeannot ! D'autres disaient qu'il était le fils que le curé aurait eu avec sa bonne ! Et enfin, les derniers disaient qu'il était simplement le fils d'un fou et d'une hérétique. Cette dernière théorie était la plus répandue au vue du comportement du bonhomme.

Enfant déjà il se montra atypique et préférait la compagnie des bêtes à celle des humains. Ainsi, il prenait un malin plaisir à martyriser les vaches des fermiers du coin. On disait même que plus d'une était morte de peur rien qu'en le voyant arriver dans le champ ! Certains paysans avaient même répandu la rumeur selon laquelle à la simple vue de Jeannot, les vaches produisaient du lait caillé !

Probablement à cause de toutes ces rumeurs, et ne sachant trop que faire de lui, un prévôt l'avait placé à un poste de gardien de geôle. Ainsi, on le verrait le moins possible et surtout il n'ennuyerait personne ! Les geôles n'étaient en effet pas à proprement parler le lieu de promenade préféré des gentilhommes du village. Durant des années, il s'acquitta donc de ce travail ingrat sans mot dire, jusqu'au jour où il fut charger de mettre Gertrude en prison. La femme avait un caractère impossible et son point commun avec Jeannot était qu'elle alimentait également les rumeurs du bourg. On la surnommait "la vieille bique" de Saint-Aignan. Motif : Elle persécutait tout ceux qui se trouvaient sur son passage et réussissait à faire perdre patience aux gens les plus tolérants.

Ce jour-là la Gertrude se retrouva en prison pour avoir asséné un coup de courge sur la tête du Duc en hurlant à qui voulait l'entendre que c'était bien ce qu'il méritait. Le motif de la discorde du jour : L'homme avait refusé une nouvelle fois l'une de ses avances sous les rires des autres visiteurs de la taverne. Il fallait dire que le vieux Duc qui était presque toujours bien mis et souvent en coquête compagnie avait eu du mal à se départir de la vieille femme boudinée dans une robe trop petite pour elle et ne s'étant sans doute pas lavée depuis au moins 10 ans !
La femme s'était emparée de la courge qu'elle venait d'acheter et commença à frapper le Duc en hurlant à qui voulait l'entendre qu'une courge s'était bien tout ce qu'il méritait !
[quote]
Elle maugréait encore contre la noblesse et ses manières au moment où Jeannot eut à la prendre en charge. N'étant pas lui non plus un grand diplomate, il n'y alla pas par quatre chemin quant il vit qu'elle usait du légume comme d'une arme pour se défendre : Il s'empara d'elle comme d'un sac de patate et la porta jusqu'à la porte de sa cellule. Durant tout le parcours, elle hurla au scandale et, durant tout le parcours, il fit celui qui n'entendait rien. Chemin faisant, la femme lâcha le fameux légume, et arrivée à destination, faute d'arme, elle se mit à cogner à mains nues sur Jeannot pour se défendre. Il la repoussa d'un geste brusque et lourd accompagné du fameux "Groumph". La tête de la femme heurta le banc qui devait lui servir de couche. Et ô miracle ! Elle s'était tue ...

Morte ou pas ? Jeannot l'ignorait et ne voulait pas le savoir. Il ferma la porte comme si de rien n'était. Peut-être que quelqu'un découvrirait un jour le corps de la "vieille bique" dans cette cellule... Le doute était permis car avant il faudrait que quelqu'un veuille bien se soucier de son devenir ...

Citation :
Le pont levis du chateau du Duc du Berry

Je suis fatigué… Tellement fatigué… Mes vieilles planches vermoulues me font terriblement souffrir. Il faut dire l’ami que je ne suis plus de prime jeunesse. Mes articulations grincent, ma vieille carcasse craque, parfois quand l’on me dresse, je gronde. Fichus rhumatismes…
A la merci des éléments, de jour comme de nuit, par temps sec ou temps de pluie… Dure destinée que celle d’être un pont levis.

J’ai ai vu des choses, si tu savais l’ami… Oublié, l’on m’a piétiné sans vergogne alors que l’on se bousculait pour les fêtes du printemps. Jamais un regard, jamais un merci.
Encore pire, parfois, certains me crachent dessus… Crois-moi, ce n’est vraiment pas agréable.
Et pourtant, inlassablement, à toutes leurs exigences je me plie… Fidèle à ce bourg, et à mon Seigneur, depuis plus longtemps que le nombre des tes années. J’en ai vu défiler des Ducs, je les ai vus naitre et mourir. Mais je suis toujours là, toujours… Immuable.

Oui, je suis fatigué… Quand il faut vous protéger, je suis là, fort et fier. Jamais je ne me laisserais abattre… Dussais-je encaisser les plus meurtriers des coups de bélier, les pires assauts. Car si je faiblis, c’est toi qui seras en danger l’ami… Inébranlable je suis et je serais pour que tu aies une vie épanouie. Que tu puisses aimer ta douce et élever tes enfants en sécurité.

Heureusement, parfois… Tu sais l’ami, parfois t’effleure la grâce… Te foulent légèrement de charmants petits petons. Tu aperçois le mollet gracieux, la courbe enivrante de la gracile fille du berger. Tu frissonnes aux mélodieux froufrous d’un noble jupon qui te caresse gentiment, et te fait sentir vivant.

Je suis fatigué l’ami, mais je serais toujours là… Parce qu’il le faut, et que j’aime ce monde, et sa beauté. J’aime vous voire vivre heureux et en paix.
Permets moi de t’abandonner l’ami, nul repos ne m’est accorder, voilà déjà que l’on m’appelle. Promets moi que la prochaine fois tu me considèreras et me salueras, moi l’ancêtre, le vieux pont levis… Tu raviras mon cœur ébène…

A bientôt l’ami, à très bientôt
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MessageSujet: Re: Tranche de vie Berichonne (RP)   Sam 18 Avr - 16:03

Citation :
Maître-queux, incarné par Kandrek
Ah mais quel homme infâme que ce maître queux, enfin le titre de maître queux, il l'avait usurpé, volé, il était un arnaqueur de première. Il trouvait les gens tellement naifs, les affaires étaient bonnes ces derniers temps, sa recette était simple, dénigrer ses concurrents et s'arranger pour que de multiples incidents viennent ruiner leur clientèle, que ce soit le chantage, voler leurs provisions pour les remplacer par des victuailles de moindre qualité. Il connaissait bien son affaire, sa propre boutique était pleine de ces vols, la plupart des gens auraient été malades d'apprendre comment il se débrouillait pour obtenir sa viande, que ce soit des bêtes volées ou d'autres mortes de maladies ou de vieillesse, il ne reculait devant rien pour se mettre quelques écus dans les poches, il était un homme d'affaires, il proposait des produits exotiques, si les nobles et les riches étaient prêts à payer pour faire des affaires, pourquoi ne pas en profiter pour s'en mettre plein les poches?

Il avait compris comment l'être humain fonctionnait, avec ce savoir, il n'avait nul besoin d'être bon cuisinier ou de faire attention à la provenance de ses ingrédients, il suffisait de jouer avec les peurs et l'insécurité des gens. Diffamer un concurrent, remplacer la nourriture chez un autre, répandre des rumeurs toutes aussi farfelues les unes que les autres. Alors, les gens se tournaient vers lui, ceux qui voulaient se nourrir et qui étaient prêts à en payer le prix venaient le voir, pourquoi devrait-il alors changer ses habitudes.

Encore aujourd'hui, un noble lui commandé un banquet, nouveau client, nouvelle source de revenu pour le maître queux, il regarda la liste et songea à la somme qu'il exigerait, seul, il éclata de rire et saliva en imaginant la bourse bien remplie qui l'attendait....
Citation :
Marguerite la vache, incarné par Adais
Elle n’est pas facile, la vie d’une vache, et je défie quiconque d’en douter. En effet, ces pauvres bêtes sont soumises à un agenda très strict par leurs maîtres exploiteurs qui ne pensent qu’au profits qu’ils peuvent retirer de leurs bêtes, soit du lait, soit pire, de la viande. Car, cher lecteur, ce n’est plus un secret. Nombre d’éleveurs de vaches de nos bons Royaumes Renaissants tuent leurs animaux qu’ils devraient chérir pour en vendre la chair et vivre un peu mieux, alors que, j’en suis certaine, ça ne change quasiment rien à leur situation. La plupart des bovins étaient conscients du couperet qui était planté devant eux et s’efforçaient donc de produire le meilleur lait possible, même si ça leur demandait beaucoup.

Une vache au moins, cependant, ne vivait pas dans la peur de l’abattoir. Il faut toutefois préciser que cette vache n’était pas tout à fait normal : tout d’abord, elle était violette. Oui, vous avez bien lu. Non, ce n’est pas la peine de changer de lunettes et non, je n’ai rien bu d’alcoolisé avant d’écrire, la vache dont je vous parle était bien toute violette et blanche. Il semble évident que, si l’on part de ce constat, le bovin, joliment nommé Marguerite, ne pouvait être comme tous les autres et c’est là, je pense, son absence de crainte quant à son avenir. Etait-ce forcément bien pour elle ? Je crois que pour le savoir il faudrait être soi-même une vache, ou bien pouvoir les analyser correctement, parler leur langage, ou que sais-je d’autre.

Revenons cependant au sujet.

Marguerite, la vache violette, était la propriété d’une charmante Berrichone joliment nommée Alienor de Flore. Or, cette gentille dame avait une façon toute spéciale de tirer le lait qui faisait de ce moment un plaisir inimaginable pour l’une de ses fameuses vaches violettes qui faisaient la renommée de Saint Aignan et de sa crèmerie-chocolatrie. Quelques siècles plus tard, des milliers de personnes verraient sur une vitre de verre des vaches semblables ventant la douceur d’un chocolat fabriqué dans les environs, mais il est vrai que je m’égare encore une fois, ce qui va finir par vous ennuyer, très chers lecteurs.

Ce jour-ci, une grande effervescence régnait chez les vaches violettes d’Alienor : une rumeur disait que l’un des bestiaux allait être amené à l’abattoir pour être tué, découpé et dévoré. Comme d’habitude, les spéculations allaient de bon train sur qui allait être le malheureux élu, et cette fois-ci, les soupçons se portèrent sur Marguerite. Notre chère vache était en effet assez ancienne. Elle avait vu défiler dans le champ nombre de ses cousines, sœurs, sa mère aussi, avant même que la douce Alienor ne rachète tout l’élevage.

Quoi qu’il en soit, pour la première fois de sa vie de vache, Marguerite eut peur. En effet, elle sentit que les rumeurs disaient peut être vrai. Il était fort possible qu’aujourd’hui ce soit elle qui y passe, ce qui serait très malheureux. En effet, le bovin aimait sa vie, comme je l’ai déjà raconté et ne voulait pas terminer si tôt dans une assiette, fut-elle celle du Roy de France. Elle se demanda alors ce qu’elle pouvait faire pour ne pas finir rôtie. Se sauver ? Tout à fait exclu : il était certain que toutes les commères du champ se moqueraient d’elle. Donner un coup de corne quand on viendrait l’emmener ? Mais on les lui avait coupées depuis bien longtemps déjà !

Marguerite finit par se résigner, incapable de trouver un moyen d’échapper à son destin. Elle attendit donc la traite, comme chaque jour, et la nomination de la vache violette qui allait être dévorée. Profitant de ce qu’elle pensait être son dernier jour, l’ancien bovidé en profita pour manger autant d’herbe que possible, afin de pouvoir en emporter le goût sur le soleil, où un coin est toujours réservé aux vaches.
Citation :
Groseille incarné par Aldara
Groseille était fière comme Artaban dans ses beaux habits de cuir. Elle était un peu joufflue, certes, mais ça lui allait bien au teint. Et puis c'était signe d'opulence, disait-on. Alors elle se dandinait, prétentieuse, au côté de son cher, son très cher compagnon. Un Irlandais, un peu près de ses sous, mais anobli tout de même, nommé Mac Kassett d'Arpagon. Il avait, parmi ses amis, un notable, comte de son état, qui s’était attaché à lui et lui avait offert un titre et une terre. Aussi Mac Kassett avait-il pour habitude de dire que «les bons comtes font les bons amis. »

C'était Mac Kassett qui l'avait surnommée Groseille. Une sombre histoire de plante verte, très prisée disait-on et d'une taille imposante. Grosse et oseille. Cela lui avait inspiré ce mot-valise un peu ridicule, Groseille. Elle, n'avait jamais compris vraiment le sens et l'intérêt de ce surnom. Elle aurait préféré "Oror" (elle ne savait pas l'écrire, la nigaude) ou bien encore "Précieuse" ou « Fortunée » ou même "Pépète", au pire. Parce que "Groseille"... ça faisait plutôt gros fruit rouge et acide, avec des gros pépins dedans...

Mac Kassett était prévenant avec elle. Il la couvrait de caresses, avait des "Mon Trésor" plein la bouche, n’était pas avare de compliments. Il disait souvent qu'il tenait à elle plus qu'à n'importe quoi, à sa propre vie même. Il voulait la couvrir d'or et le faisait le plus souvent, surtout depuis qu'il s'était mis à vendre sous le manteau une drôle d'invention qui permettait de se débarrasser des lourds bouliers habituels. Dans une petite fenêtre, apparaissaient des chiffres à n'en plus finir, à une vitesse impressionnante.

Et puis il l'aimait pour sa beauté intérieure, pour ce qu'il y avait en elle, et non pour son enveloppe, ça elle le savait bien.
Il ne la sortait pas assez souvent pourtant. Il avait peur qu'on la lui jalouse, alors il la gardait bien au chaud. Aussi, elle grossissait à vue d'oeil!

Un jour pourtant, un fieffé gredin lui fit les yeux doux. Il la convoitait, ça se voyait, il en avait les prunelles étincelantes. Groseille regardait ses mains habiles, qui tentaient de la caresser, alors que Mac Kassett était occupé à négocier. Au début, elle se fit rebelle, désireuse de garder ses distances avec la racaille. Mais il lui avait bien fallu reconnaître que ce regard envieux, cette bouche affamée, ses doigts agiles… ne la laissaient pas de pierre. Elle sentait les lacets qui l’enserraient devenir lâches sous les caresses du bonhomme. Alors elle céda et plongea dans les bras du gredin, abandonnant son Irlandais, qui ne s’en remit jamais.

Elle n’apprit que bien plus tard qu’elle avait quitté la peste pour le choléra puisque le gredin n’était autre qu’un Auvergnat, nommé Firmin Danlessac qui la séquestra jusqu’à la fin de ses jours, au fond d’une poche, trouée de surcroit !
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